Jacques et Flo, et en arrière plan Michelle et Jean Do... comme dans les Alpes !
Voici un texte sur notre expé au Ratna Chuli en attendant la mise en
ligne du compte rendu sur mon site avec les photos et le topo.
J'avais vraiment
envie d'écrire quelque chose sur cette expé un peu particulière de mon automne
himalayen, histoire de prendre un peu de recul et de partager un peu (le moins
mal possible) cette tranche de vie en altitude.
Je me suis donc posé
devant le clavier et surprise, il en est sortie un texte de 7 pages. Un vrai
roman fleuve. Avec une forme surprenante que je n'avais pas encore explorée
auparavant : une conversation de bistrot, un dialogue de gens branchés.
Et c'est avec un peu
d'inquiètude que je le poste sur ce blog... car bien sûr c'est encore un texte
en devenir.
J'attends votre
avis avec impatience, si vous arrivez à lire cette prose laborieuse jusqu'au
bout.
Bon week end et à
bientôt.
Paul
Pour infos, cette longue "brève" a aussi été posté sur C2C et a suscité un débat des plus intéressants.
En ce début décembre, le calme règne à La Grave.
Au comptoir du Bar des Glaciers, un vin chaud odorant
fume dans les bols. Avec quelques amis et des guides d’ici et d’ailleurs, le
temps s’écoule doucement en une discussion animée.
- Lionel m’interpelle : Dis Paulo, on t’a pas beaucoup croisé cet automne par chez
nous, raconte-nous un peu tes trois mois d’expé au Népal ! A ton départ,
tu m’avais dit que l’ascension du Ratna Truc Much était un projet important
pour toi et un peu compliqué.
- Tu veux parler du Ratna Chuli, dans la vallée de
Phu ?
-Lionel : Oui,
le 7000 un peu technique qui est décrit dans votre livre avec Jean Annequin,
« Sommets du Népal ».
ça a
marché, vous avez réussi ?
- Pas vraiment. En fait, on ne peut parler ni de réussite ni
d’échec car nous n’avons même pas essayé… On a été obligé de s’arrêter avant le
dernier camp, juste avant le sommet, car les porteurs d’altitude n’ont pas
voulu aller plus loin sans cordes fixes.
- Bruno : Ben, t’as fait quoi pendant un mois, t’as
pas eu le temps d’équiper la montagne ? T’as joué aux cartes à Phu ?
T’as une copine là-bas ?
- Mais non, c’est juste un peu compliqué à expliquer. Pour
faire simple, alors que nous étions en route pour le dernier camp à 6500 m,
nous avons été obligés de faire demi-tour car nos deux porteurs d’altitude
n’ont pas voulu aller plus loin. Ils ont été impressionnés par l’ambiance d’une
grande traversée en neige qui menait au col où nous devions installer notre
camp 4, juste avant le sommet.
- Pierre : ce n’est pas cool comme situation. Et tes
clients ne t’ont pas lynché, toi et tes népalais ?
- Aller ne t’excite pas. Pour comprendre il faut commencer
depuis le début. Déjà, il faut savoir que le Ratna Chuli n’est pas un 7000
facile. Même si ce n’est pas un grand 7000, il est loin, peu fréquenté et
techniquement plutôt AD. Ce qui n’est pas rien en altitude et avec un groupe de
clients. Il faut savoir que la grande majorité des sommets gravis en Himalaya
sont plutôt cotés entre F et PD et surtout, ils sont équipés de cordes fixes.
- Franck : Mais pourquoi diable t’as pas installé
des cordes fixes du camp de base au sommet, comme tout le monde ?
C’est cool, une fois tous tes clients vachés sur les
cordes, t’as plus rien à faire. Et au moins t’as l’esprit tranquille, si ça
marche pas c’est d’ leur faute !